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CGT PSA Aulnay – La lettre d’information

Posté par cgtmaubeugeenvirons le 24 janvier 2013

CGT PSA Aulnay

La lettre d’information

Journal n°1
5ème jour de grève
22/01/2013


LA DIRECTION LOCK-OUT L’USINE

Nous sommes en grève depuis le mercredi 16 janvier. La direction n’a pas été longue à réagir.

Lundi 21 au matin, des flics et des nervis de la direction étaient devant l’usine dès 6 h du matin pour empêcher les grévistes d’entrer dans l’usine.

En fermant l’usine et en interdisant l’accès aux grévistes, la direction espérait sans doute nous empêcher de nous réunir et nous organiser.

Raté ! Malgré les intempéries, nous étions plus de 200 à nous réunir à l’Union locale d’Aulnay.

LA GRÈVE S’ORGANISE

Dès le deuxième jour de la grève, les grévistes ont élu en Assemblée Générale un Comité de Grève d’une quarantaine de membre.

Le Comité a mis en place plusieurs commissions chargées d’organiser le service d’ordre, la carte de grève, les relations avec les autres entreprises, les tracts, le financement de la grève… et bien sûr les actions !

PSA espérait fermer Aulnay sans faire de vague. Et bien faisons tout pour que notre grève fasse le plus de bruit possible.

ACTION A SAINT-OUEN

Depuis des mois PSA craignait que les ouvriers d’Aulnay viennent faire une visite à Saint-Ouen. Ils avaient tout prévu : portes cadenassées, encadrement briefé et organisé.

Eh bien malgré tout cela, nous avons trouvé le moyen d’entrer quand même et de discuter avec les ouvriers.

Mais le mieux, c’était la sortie. Par la grande porte, en scandant « interdiction des licenciements, aucune usine ne doit fermer ! »

Ça donne envie de recommencer !

UN TÉMOIGNAGE DE SOLIDARITÉ

La direction de Peugeot Sochaux a proposé à des ouvriers du Ferrage d’aller à Aulnay pour remplacer les grévistes.

Même en proposant de doubler leur salaire et 10 % de prime elle n’a trouvé… personne !

MANIFESTATION A BOBIGNY

Jeudi 17, nous étions une bonne centaine à aller à la marche pour l’emploi organisée par les syndicats du 93. Nous avons reçu beaucoup d’encouragements et de témoignages de solidarité de la part des travailleurs d’autres usines. Nous avons récolté quelques centaines d’euros pour alimenter notre caisse de grève.

Malgré le froid glacial, ça faisait chaud au cœur.

SILENCE RADIO

Le 12 juillet dernier, lorsque PSA s’est enfin décidée à annoncer la fermeture d’Aulnay, les radios et les télés se battaient pour nous demander ce que ça faisait de perdre son boulot ! Comme si c’était déjà joué !

Maintenant que nous nous battons, ça les intéresse beaucoup moins de nous passer au journal de 20h.

Qu’elle soit publique ou privée, la presse est service du patronat !

PEUGEOT SE PREND UNE PORTE

Une agence de pub bossant pour PSA a proposé 340 000 € à l’humoriste Didier Porte pour être la voix de la prochaine campagne du pub de Peugeot.

Porte a refusé, affirmant qu’il est indécent de toucher une telle somme de la part d’un groupe qui s’apprête à supprimer 8000 emplois et à fermer Aulnay.

L’argent n’achète pas tout. Sans doute une découverte  pour Peugeot !

SOLIDARITÉ FINANCIÈRE

Vous pouvez soutenir la grève en envoyant vos dons par chèque libellé à l’ordre de Soutien aux salariés de l’automobile du 93 et envoyé à Soutien aux salariés de l’automobile du 93,  24 avenue Romain Rolland, 93150 Le Blanc Mesnil ou en faisant directement un virement sur le site cgt-psa-aulnay.fr

LE COMBAT CONTRE LA FERMETURE

Depuis maintenant presque deux ans plusieurs centaines de travailleurs se battent pour dire « non à la fermeture d’Aulnay ». Ce combat a commencé en juin 2011, aussitôt après la révélation par des militants syndicaux de l’usine d’une note confidentielle annonçant l’intention de PSA de fermer Aulnay.

PSA a menti pendant un an. Sarkozy était au courant, il n’a rien fait. Hollande a promis pendant sa campagne de faire d’Aulnay une de ses priorités. Il n’a rien fait non plus. Par contre le gouvernement s’est porté garant à hauteur de 7 milliards au cas où PSA finance serait incapable de rembourser ses créanciers !

Dans le combat contre les fermetures d’usine et les licenciements, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes.

Tous ensemble, nous avons la force pour cela. Et notre grève aidera à propager cette idée

NOS REVENDICATIONS

Empêcher la fermeture d’Aulnay ne dépend pas que de la lutte des seuls travailleurs d’Aulnay. Par contre nous pouvons empêcher Peugeot de tous nous virer sans rien ou presque.

Il y a quelques mois déjà, des ouvriers du Ferrage avaient dressé un cahier de revendications pour que chaque salarié de l’usine ait des garanties que son avenir, y compris les 400 intérimaires et les 400 travailleurs des entreprises sous-traitantes présentes sur le site.

Cette pétition a été signée par près de 1600 personnes, soit la majorité des travailleurs de l’usine.

Rappelons les principales :

  • Maintien de la C3 jusqu’à la fin de sa commercialisation (2016).
  • Une préretraite à 55 ans pour tous les travailleurs âgés de 50 ans ou plus
  • Un CDI pour tous les autres
  • Une indemnité de licenciement de 130 000 €

130 000 €, UN MINIMUM !

A ceux qui pensent que 130 000 € serait excessif, un ouvrier a dit en AG une chose très juste. Dans son PSE, Peugeot propose, dans certains cas, plus d’argent pour ceux qui iraient à Poissy que pour ceux qui seraient licenciés. Or, celui qui est licencié doit toucher plus, pas moins. Car, sans les primes d’ancienneté, il a peu de chance de trouver un emploi avec un salaire équivalent.

Le PSE de la direction est bizarre. Surtout en ce qui concerne les mutations. Pour beaucoup, il n’y a rien ou presque. Mais pour un couple avec 4 enfants habitant à plus de 50 km de Poissy, ça peut monter jusqu’à 55 000 €. Cette somme est un minimum qui doit être versée à tous ! Sans aucune condition de déménagement ou de lieu !

Quant aux 130 000 €, c’est ce qu’il nous faut pour compenser en partie la perte de notre salaire et notre emploi.

LE GOUVERNEMENT AVEC PSA

Les patrons ont le droit de jeter des milliers de travailleurs à la rue et aucune loi n’est encore envisagée pour empêcher cela !

C’est contre les travailleurs qui se battent pour leur emploi que ce gouvernement, qui se prétend « socialiste », envoie ses CRS. Ceux-ci sont présents partout où nous allons. En septembre au salon de l’auto, jeudi devant la préfecture de Bobigny, vendredi à Saint-Ouen, samedi à Poissy (où ils ont fait le pied de grue pour rien, et de plus dans la neige.) et hier à Aulnay.

« Le changement c’est maintenant », disait Hollande pendant sa campagne. Eh bien non, le changement, c’est quand les ouvriers entrent en bagarre !

LA DIRECTION RÉVISE SON PSE

La grève a déjà eu un effet positif. Lors de la réunion du 17 janvier, la direction a proposé quelques aménagements à son PSE. Parmi ceux-ci :

  • Ceux qui habitent à 35 km toucheraient la moitié de la prime de mobilité, soit entre 5488 € et 13 875 €. Mais toujours à condition de déménager.
  • 3 mois d’indemnité de licenciement en plus (mais uniquement pour ceux qui auraient 10 ans d’ancienneté !)
  • 5 mois de congés de reclassement en plus pour les départs contraints, dont 3 mois payés à 100 % au lieu d’un seul.

C’est encore très loin de nos revendications, mais c’est bien plus que ce que PSA a lâché en 6 mois de blabla. Comme quoi, la grève, ça aide les patrons à réfléchir dans le bon sens !

Les salariés de PSA Aulnay en grève soutenus par la CGT, la CFDT et SUD

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Publié dans Actions_européennes | 2 Commentaires »

Bernard Thibault dans Le Monde

Posté par cgtmaubeugeenvirons le 27 juillet 2011

Bernard Thibault dans Le Monde

 » La France aussi est dans l’austérité « 

lundi 25 juillet 2011

Dans une interview publiée par Le Monde du 23 juillet, le secrétaire général de la CGT appelle à la mobilisation et juge que le pouvoir piétine la démocratie sociale.

Propos recueillis par Claire Guélaud, journaliste

Bernard Thibault regrette que l’Europe n’ait  » plus d’objectifs de développement social  » et invite les politiques à « reprendre le pouvoir aux institutions financières », car  » l’Europe est malade « , et pas seulement sur le plan économique. Le secrétaire général de la CGT confirme l’appel à la mobilisation à la rentrée mais n’attend pas grand-chose de l’intersyndicale du 18 août. Il est possible, dit-il, que le syndicalisme traverse une  » séquence de divisions  » .

- Que révèle la crise grecque ?

Nous vivons dans un monde dominé par des logiques économiques et financières sur lesquelles de moins en moins de personnes ont de prise. La Grèce est sous les feux de l’actualité mais la Confédération européenne des syndicats l’a constaté à la mi-mai : c’est toute l’Europe qui est malade sur le plan économique, social et politique.

-  Le sommet de jeudi répond-il aux difficultés européennes ?

Une fois de plus, on tente de nous convaincre qu’on a évité le pire… jusqu’à la prochaine secousse naturellement prévisible puisque rien ne change sur le fond. L’Union européenne n’a plus d’objectifs de développement social. Les agences de notation et les banques convoquent les chefs d’Etat en leur fixant leur feuille de route, et l’intérêt des marchés prime sur celui des peuples. Cela ne peut pas durer très longtemps.

Les responsables politiques doivent reprendre le pouvoir aux institutions financières. Ceux qui ne prennent pas la mesure de la situation feront le jeu des partis d’extrême droite. Lesquels rencontrent un certain succès en Europe en proposant des réponses qui n’en sont pas, en désignant des boucs émissaires – l’immigré de service -, ce qui protège le système à l’origine d’un malaise social grandissant. La France aussi est dans l’austérité ; elle l’a même prônée dans le pacte  » euro plus « .

-  A quoi pensez-vous ?

Aux injonctions de la Commission européenne pour 2011-2014. Elles nous permettent de mieux comprendre pourquoi le ministre du travail, Xavier Bertrand, a annoncé précipitamment un nouvel allongement de la durée de cotisation pour les retraites, pourquoi il faut tailler dans les budgets publics et sociaux ou encore instaurer une deuxième journée de travail gratuit pour financer la dépendance. On passerait ainsi du  » travailler plus pour gagner plus  » au travailler plus mais gratuitement. Ce n’est pas non plus un hasard si le Medef relance sa revendication d’une suppression de la durée légale du travail.

- La CGT a proposé une journée d’action à la rentrée sans consulter l’intersyndicale. Pourquoi ?

La situation est sérieuse et le mouvement syndical doit être au diapason du mécontentement social, comme le sont tous les syndicats en Europe. Nous avons décidé de le dire publiquement, à nos partenaires syndicaux et plus largement aux salariés. La question du pouvoir d’achat et des salaires va revenir en force à la rentrée. L’emploi ne s’est pas amélioré, l’austérité est programmée.

Notre message est simple : soit on prend l’initiative d’organiser des actions collectives pour modifier le cours des choses, soit on laisse faire. Si les salariés veulent de vraies alternatives, ils doivent le dire ensemble et le cadre syndical le permet. Ils auraient tort de rester seuls l’arme aux pieds en considérant que le bulletin de vote est l’unique moyen d’expression.

-  Peut-on échapper au redressement des comptes publics ?

Qui a multiplié les aides financières aux entreprises qui coûtent plusieurs dizaines de milliards d’euros sans contreparties, les avantages fiscaux aux plus fortunés tout en justifiant le blocage du smic et contribuant à la baisse des pensions ? C’est le gouvernement !

Le redressement ne passera pas par le recul des droits sociaux mais par une réappropriation publique des moyens de financement et leur orientation sur les investissements productifs, le développement des qualifications et leur juste rémunération. Nous voulons un autre partage des richesses.

-  Que va donner l’intersyndicale ?

Nous avons bien noté que notre proposition de préparer dès maintenant une mobilisation interprofessionnelle unitaire n’avait pas reçu un accueil d’un enthousiasme débordant. On va continuer de discuter de la situation et faire le point le 18 août. Je crains qu’un désaccord n’apparaisse sur l’opportunité d’en appeler à la mobilisation. Chacun prendra ses responsabilités. Les relations syndicales sont faites de hauts et de bas. Il est possible que nous traversions une séquence de divisions. Pour nous, il n’est pas question d’accompagner les politiques actuelles sans réagir de manière plus offensive.

- Mais, en 2010, il y a eu des mobilisations exceptionnelles, souvent unitaires, mais sans effet…

La loi sur les retraites est passée, c’est vrai. Mais si le président de la République perd l’élection présidentielle, il aura là un des motifs d’explication, quoi qu’il en pense. On ne peut pas piétiner la démocratie sociale à ce point.

- La CGT a été un des syndicats les plus actifs contre le FN. Qu’a donné cette action ?

Il était normal et évident que nous réagissions fermement : pour la première fois, un parti intente une action en justice contre la CGT pour discrimination politique. Ce n’est pas banal ! J’attends avec impatience les suites, s’il y en a, de cette procédure. Il faut répondre à la démagogie du FN, qui se dit proche des ouvriers sans jamais soutenir une seule de leurs grèves.

L’extrême droite cherche à surfer sur le mécontentement social et sur la déception politique ; elle prétend jouer le jeu de la démocratie et, parvenue à ses fins, applique des politiques contraires aux valeurs historiques du syndicalisme. Aucun progrès social ne se construit sur la discrimination.

- Votre action est-elle efficace ?

N’oublions pas, même si certains s’y efforcent, ce qui s’est passé en 2010. La France est un des pays européens où la mobilisation sociale a été la plus imposante avec des millions de manifestants. Cela a laissé des traces. De nombreux électeurs se détermineront en 2012 en fonction du bilan et des propositions sur le terrain économique et social.

Pourquoi croyez-vous que le gouvernement a dégainé sa prime indexée sur les dividendes ? Pour essayer de remonter le terrain perdu en matière sociale, avant une rentrée placée sous le signe de l’austérité avec les restrictions budgétaires, les 2 milliards d’économies sur la Sécurité sociale, l’autre journée de solidarité, etc.

Et je ne vois rien du côté du dialogue social avec le patronat qui puisse compenser un tant soit peu cette politique ! La négociation nationale interprofessionnelle nous semble de plus en plus artificielle : il n’y a qu’à voir le sort fait aux jeunes. L’accord du 7 juin ne comporte aucun engagement supplémentaire des entreprises.

- Que pensez-vous de l’idée de M. Luca d’interdire les grèves pendant les départs en congés ?

Il devrait interdire aussi les licenciements, les restructurations et les mauvaises lois pendant les congés !

- Qu’est-ce qui marquerait une rupture avec le sarkozysme ?

La manière d’exercer le pouvoir. J’ai tout de suite compris qu’il y aurait un problème récurrent avec le chef de l’Etat dès qu’il a expliqué que c’était un job, autrement dit qu’il avait les pleins pouvoirs. Une élection ne confère pas les pleins pouvoirs. Il faut gouverner autrement, notamment en instaurant d’autres rapports avec les représentants des salariés. Une majorité de gauche peut être plus sensible à cette nécessité. Même si je sais par expérience que les partis de gauche pensent intégrer le point de vue syndical, alors que cela n’a rien d’automatique.

Les élus politiques devraient aussi faire respecter le droit constitutionnel qui protège la liberté syndicale dans les entreprises. Les atteintes à ce droit restent un fléau récurrent.

-  La CGT va-t-elle donner des consignes de vote pour la présidentielle ?

Nous n’avons pas décidé ce que nous ferons. Mais il est peu probable que M. Sarkozy trouve la masse de ses voix parmi nos adhérents.

- Irez-vous jusqu’au congrès de Toulouse au printemps 2013 ?

Le mandat de la direction confédérale continue jusqu’à cette date. Pour la suite, nous en discuterons en interne le moment venu.

Publié dans LIBERTES DROITS ACTIONS JURIDIQUES, Luttes, PRECARITE, Retraites, Services publics | Pas de Commentaires »

 

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