Hausse tarifs EDF – NOME

Posté par cgtmaubeugeenvirons le 5 août 2010

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4 août 2010

LES TARIFS D’ÉLECTRICITÉ VONT AUGMENTER

POUR PERMETTRE LA CONCURRENCE !

 

Le gouvernement vient d’annoncer une hausse des tarifs d’EDF de 3,5% pour les particuliers et de 4,5% à 5,5% pour les entreprises, se justifiant par les nécessaires investissements à venir…

A terme, l’usager peut s’attendre à des hausses substantielles de sa facture, comme cela s’est déjà produit pour le gaz. Pour rappel, après les 9,7 % du 1er avril, c’est une ponction supplémentaire de 4,7 % au 1er juillet.

Que se cache t-il derrière cette décision arbitraire ?

L’hémicycle de l’Assemblée nationale a voté le projet de loi dit « Nome », soit la Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité, loi qui devrait être applicable au 1er Janvier 2011.
Constatant que la concurrence ne fonctionne pas – plus de 96 % des Français restent fidèles à l’opérateur historique (EDF) -, le gouvernement a décidé de la créer… artificiellement. C’est ainsi qu’à partir du 1er janvier 2011, EDF aura obligation de revendre à ses concurrents jusqu’à 25 % de sa production d’électricité.
Un véritable hold-up ! Les fournisseurs d’électricité vont se voir offrir un quart de la production, que les Français ont déjà payé avec leurs factures, pour qu’ils puissent réaliser des profits, au seul bénéfice de leurs actionnaires. C’est une première d’obliger une entreprise, dans le monde de la concurrence libre et non faussée, à céder une partie de ses atouts à des concurrents qui produisent peu ou pas du tout d’électricité !

Trois points cruciaux sont en question :

  • Point n° 1: les tarifs

Les tarifs vont mathématiquement augmenter puisqu’il est reconnu que la concurrence ne peut s’exercer parce qu’ils sont trop bas. Quelque soit le prix de rachat, tous les fournisseurs chercheront à faire une marge. Cela touchera lourdement tous les usagers et risque de porter un coup supplémentaire au secteur industriel, déjà mal en point, quand on sait que le prix de l’électricité est un facteur important de localisation industrielle. L’originalité de la France dans cette affaire, c’est d’accepter d’auto saborder son avantage compétitif et son système électrique !

  • Point n° 2: les investissements

Les fournisseurs profiteront de la manne nucléaire sans aucun investissement. On a vu ce que cela a donné il y a plusieurs années en Californie avec la grande panne électrique. Là-bas comme ailleurs, l’Etat s’est réapproprié le secteur. Quant à nous, nous faisons l’inverse, nous privatisons à tour de bras !

  •  Point n° 3 : la clause de destination

La loi stipule que les fournisseurs accédant à la « rente nucléaire » devront justifier d’un portefeuille de clients équivalent sur le territoire national.
Tout le monde sait pertinemment que cette clause ne tient pas juridiquement, et qu’au moment opportun elle sera remise en cause et permettra à n’importe quel fournisseur d’aller spéculer partout en Europe.
Va-t-on finir par réaliser que la concurrence sur un produit qui ne se stocke pas et se transporte mal est une aberration ?

Le résultat de ce mauvais compromis risque de mettre à mal, non pas l’entreprise EDF mais toute l’organisation du secteur électrique.

Cette augmentation est d’autant plus insupportable dans un contexte de crise économique avec comme première conséquence, la perte de pouvoir d’achat des ménages.

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